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Interview d’un responsable délivrabilité : Jérôme Gays – Cabestan

Les problèmes de délivrabilité en E-mail Marketing prennent tous les jours plus de place. C’est pourquoi, il est intéressant de découvrir une fonction un peu particulière de l’E-mail Marketing, le rôle de responsable délivrabilité (deliverability manager en anglais).

Jérôme Gays travaille chez Cabestan depuis plus de dix ans, il est responsable délivrabilité et responsable des relations avec les ISP depuis 2006.

Interview

En quelques mots, quel est le rôle d’un « Responsable Délivrabilité » ?

C’est une bonne question et je pense qu’il est intéressant de faire un historique rapide de l’apparition de cette spécialité qu’est la Délivrabilité. Je travaille dans l’email marketing depuis 10 ans et j’ai pu voir le marché se transformer au fil des années.

Au début, le challenge pour les routeurs était surtout “technique”, il s’agissait de développer des outils qui permettraient de prendre en charge la problématique Email des marketeurs.

Au niveau de l’expédition des messages et de leur livraison, il n’y avait pas de problème, les routeurs pouvaient expédier des quantités importantes d’emails sans souci de livraison car la chaine de filtrage des emails entrant du coté des FAI et ISP était plus simple, effectué à partir de filtres basés principalement sur le contenu des messages, il fallait s’assurer d’avoir un contenu valide pour voir ces emails aboutir.

À cause du volume de spam toujours croissant, ce système de filtrage ayant vite montré ces limites, les FAI et ISP ont alors proposé à leurs utilisateurs de messagerie de signaler les emails qu’ils considéraient comme des SPAM et ont décidé d’utiliser les statistiques de signalement pour filtrer les messages entrants, ce fut alors la genèse du filtrage sur la “Réputation” de l’expéditeur.

Ce qui entraina alors l’apparition de nouveaux problèmes pour les routeurs et leurs clients, nécessitant un travail de recherche, d’analyse et de relationnel avec les différents acteurs de la chaine pour lesquels il a fallu identifier des responsables : c’est l’apparition des Responsables Délivrabilité et de la Relation avec les FAI.

Le rôle de Responsable Délivrabilité consiste à assurer la bonne livraison des campagnes email à expédier.

Cela passe par la mise en place d’un environnement de routage techniquement conforme aux recommandations jusqu’au suivi quotidien des performances des campagnes et à l’analyse et la résolution des problèmes de livraison. Une part importante du travaille consiste aussi à éduquer les clients en leur transmettant les bonnes pratiques de l’Email Marketing.

Est-ce que le deliverability manager n’est pas vu comme un obstacle par les équipes marketing ? Est-ce qu’il n’est pas considéré comme le monsieur “oui mais” de l’e-mail marketing ?

Effectivement, pour les raisons évoquées précédemment, il a fallu que les expéditeurs changent leurs pratiques et cela n’a pas toujours été facile à entendre, à la fois pour le client et pour le routeur pour qui ces nouvelles règles ont entrainé des nouveaux coûts.

Du coté des routeurs, une prise de conscience a été nécessaire sur la nécessité d’exiger plus engagements de la part de leurs clients pour les forcer a respecter certaines règles, qui peuvent parfois aller au delà du contexte légal qui régit les communications électronique.

Aujourd’hui, en cas de problème de plaintes trop importante ou de blacklistage à cause d’un client, le routeur doit impérativement demander à celui-ci de changer ces pratiques et en cas de refus, appliquer une suspension du service de celui-ci. Ceci est paradoxal car ces contraintes entrainent potentiellement du chiffre d’affaire en moins pour le routeur.

Du coté du client final, certains ont très bien compris les nouvelles règles et ont adapté leurs pratiques mais d’autres ont voulu complètement occulter celles-ci et ont choisi de changer de routeurs sans changer leurs pratiques. Les gens qui travaillent à mon poste chez les différents routeurs ont vu passer les mêmes clients avec les mêmes pratiques et donc les mêmes problèmes, parfois plusieurs fois ! Jusqu’à ce que ces sociétés comprennent qu’il faudrait mieux résoudre leur problème plutôt que les déplacer.

Donc effectivement, on peut dire Oui, le responsable Délivrabilité est souvent considéré comme le monsieur “Oui mais” de l’email marketing car il connait les nombreuses contraintes de la chaine d’un email, du clic sur le bouton “envoyer ma campagne” par le marketeur, jusqu’à la livraison du mail dans la boite de réception du destinataire.

Au niveau des relations avec les ISP (Internet Service Provider), celles-ci sont-elles “à priori” ou “à posteriori” ? Avez-vous réellement des contacts directs avec les gros ISP ?

Oui nous en avons ! Elles sont à priori et à posteriori. Mais tous les ISP ne communiquent pas de la même façon avec les expéditeurs.

Il y a 2 grandes famille d’ISP : les webmails qui fournissent des services de messagerie gratuite et les FAI qui fournissent avant tout une connections internet et un service de boite aux lettres. Pour ces derniers, la messagerie est un service nécessaire pour leurs clients et représente un centre de coût important, principalement à cause du coût de la protection des boites aux lettres de leurs clients.

En général, les webmails mettent les règles du jeu de façon claire et consise sur leur site web sur des pages appelées “postmaster”.

Ces pages sont publiques et dediées aux expéditeurs d’emails en masse. Elles donnent de l’info sur le traitement des emails du coté de l’ISP comme par exemple les normes d’authentification utilisées, l’interpretation des messages SMTP, les blacklistes publiques utilisées et même parfois une possibilité de vérifier en ligne la réputation d’une IP expéditrice.

Mais le fait d’avoir des relations et de pouvoir discuter avec un représentant chez un ISP ou un FAI ne veut pas dire qu’ils acceptent tout nos emails les yeux fermés.

Les règles de filtrage sont les mêmes pour tout le monde et il n’y a pas de traitement de faveur pour tel ou tel routeur contrairement à tous les arguments qui peuvent être utilisés dans les discours commerciaux lors des ventes !

Avoir des relations avec les ISP facilite le diagnostics de certains cas mais il faut bien avoir en tête que les FAI ne sont pas à la disposition des expéditeurs.

D’un point de vue pédagogique, ça ne doit pas toujours être facile d’expliquer certains mécanismes aux novices. Feedback loop, certification, DKIM, réputation, … Comment arrivez-vous à vulgariser toutes ces notions ?

C’est toute la difficulté de ce type de poste : expliquer à des marketeurs des phénomènes techniques qui peuvent paraitre compliqués.

Il faut trouver les mots justes pour arriver à faire les analogies avec la vie de tous les jours mais avec la démocratisation du sujet et un peu d’expérience, on y arrive !

Le domaine de la réputation et de le délivrabilité en e-mail marketing évolue sans cesse. Quels sont, selon toi, les défis à relever dans les prochains mois ?

Les FAI et ISP redoublent d’efforts pour servir au mieux leurs utilisateurs de messagerie. Ceci veut dire les protéger au mieux des menaces tels que les virus, le phishing et le spam officiel (viagra, casino, porno) mais aussi de ne laisser passer dans leurs boites inbox uniquement les emails qui les intéressent. Cela veut dire que les techniques de filtrage vont évoluer encore et encore. On commence à voir apparaitre de nouvelles techniques tels que la réputation sur le domaine et l’inclusion des réactions dans les calculs de réputation.

A l’occasion d’une discussion avec un responsable antispam chez Yahoo, celui-ci m’évoquait la difficulté qu’ils avaient à identifier précisément les émetteurs responsables des campagnes qui provoquaient des plaintes importantes auprès de leurs abonnés. Il se rendait effectivement compte que la reputation sur IP n’etait pas forcément la meilleure car les IPs appartiennent au routeur et qu’elles ne sont pas forcement dédiées au client en question. Ceci crée des injustices car une fois une IP grillée chez un expéditeur, rien n’empêche le fautif d’aller en griller une autre chez un autre routeur.

La réputation sur les domaines est une façon de ne pas rattacher simplement une réputation à une adresse IP mais de prendre en compte l’IP, le domaine expéditeur et les domaines présents dans l’emails pour identifier un expediteur. Poussé à l’extrême, cette technique permet de responsabiliser un annonceur sur ces pratiques en email marketing, quelque soit le moyen qu’il utilise pour expédier ces emails.

L’autre défi à venir va être l’inclusion des réactions utilisateurs dans les calculs de réputation. Le filtrages des emails entrants sur les plaintes utilisateurs nécessite, pour être juste, de ramener le volume de plaintes à un volume d’email reçu, de façon à obtenir un “taux de plainte”. Si un grand nombre d’internautes ne montrent pas de réactions par rapport à l’email en question, ce taux peut être artificiellement bas car l’internaute n’a pas été soumis à l’appréciation de celui-ci. Pour remédier à ceci, les calculs de réputation vont intégrer de plus en plus les réactions utilisateurs (ouverture et/ou clic) dans leur calcul.

Couplé à une meilleure identification de l’expéditeur grâce à l’authentification sur le domaine, ceci va nécessairement faire évoluer les règles en obligeant les expéditeurs à cibler d’avantage leurs campagnes et a inclure le comportement des internautes dans leur ciblage.

Une chose est sûre, c’est qu’en email marketing, le temps de “Batch, Spray and Pray” c’est à dire l’envoi massif et régulier d’un contenu unique à l’ensemble d’une base est révolu.

Remerciements

Je voudrais remercier Jérôme d’avoir accepté de participer à cette interview et d’avoir pris le temps de répondre en profondeur à mes questions. N’hésitez pas à le suivre sur son Blog Email Way ou sur Twitter.

car la chaine de filtrage des emails entrant

En vrac, l’e-mail marketing cette semaine

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    Déduplication, n’envoyez pas votre e-mail commercial plusieurs fois à la même personne

    L’e-mail marketing est un secteur en progression. Cette progression se fait de plus en plus grâce à l’utilisation de brokers d’e-mail. Le problème, c’est que bien souvent, les adresses e-mail des internautes se retrouvent dans les bases de données de plusieurs brokers et même éventuellement dans la base de donnée de l’annonceur.

    Et on le sait, en e-mail marketing, une trop grosse pression essouffle les bases de données. Il serait donc dommage d’essouffler vos prospects avant même qu’ils ne se trouvent dans votre base de donnée.

    Voici donc quelques conseils généraux pour que vos contacts ou vos prospects ne soient pas envahis par vos communications e-mail :

    1. Lorsque vous louez des adresses/envois chez un broker, demandez une déduplication de son fichier avec le votre. Cela permettra de ne pas faire une campagne des prospection sur vos clients/contacts déjà existants. Cela vous permettra aussi de connaître la qualité de votre loueur d’adresse en matière de gestion de base de données.
    2. Maîtrisez le nombre d’envois que votre prestataire va faire sur le même message. Avec l’augmentation de l’e-mailing à la performance, certains acteurs ont tendance à matraquer leurs bases de données e-mail. Ce qui est contre productif. Les réactifs risque d’être de mauvaise qualité, vu qu’il a fallu les contacter plusieurs fois pour qu’il réagissent. Et les non-réactifs risque de vous coller une image de spammeur.
    3. Modifiez votre message lorsque vous faites un remailing. Si le premier mail n’a pas fonctionné, il y a très peu de chances que l’envoyer à nouveau fasse des miracles (même si bien souvent vous arriverez à capter quelques distraits).

    Pour la petite anecdote, depuis novembre 2009, j’ai reçu 12 fois le même e-mail de la part de Barclays/Mastercard depuis plusieurs sources différences avec toujours la même subjectline : “Profitez de la carte Platinum MasterCard ą 0 euro”. Il faut croire que ça ne fonctionne pas comme désiré.

    En vrac, l’e-mail marketing cette semaine

    Et aussi : Bonne année 2010

    Petit historique de l’e-mail

    Les premiers échanges des messages électroniques ont eu lieu dans les années 60 avec l’avènement des premiers ordinateurs en réseau. Des messages pouvaient ainsi être échangés entre des terminaux connectés au même mainframe.

    Ce serait en 1965 que le tout premier e-mail aurait été échangé. Dès 1966, des utilisateurs ont été capables de s’envoyer des messages électroniques non plus au sein de même mainframe, mais entre plusieurs sites distants pour autant qu’ils utilisaient un système compatible.

    C’est le réseau ARPANET (l’un des précurseur d’internet) qui aurait boosté les débuts de l’e-mail. Les premières expérimentations de messagerie électronique sur ce réseau dateraient de 1969. Ce serait Ray Tomlinson qui en 1971 aurait proposé d’utiliser le signe @ (arobase) pour séparer le nom d’utilisateur du nom du serveur.

    À cette époque, de nombreux protocoles différents coexistent, comme par exemple UUCP, BITNET, FidoNet et de nombreux autres.

    Dans les années 1980, le nombre d’ordinateurs connectés sur des réseaux de type LAN explose. Il faut dès lors tenter de trouver un protocole interopérable.

    Ce protocole sera finalement SMTP (Simple Mail Transfer Protocol ) qui au début des années ‘80 est directement en concurrence avec UUCP. Mais SMTP est plus performant pour l’envoi d’e-mails entre des machines connectées au réseau en permanence.

    SMTP n’étant à la base conçu que pour envoyer du texte par e-mail, il a fallu inventer MIME pour pouvoir envoyer des fichiers binaires (images, sons, fichiers, …). C’est aussi grâce à la propriété multipart de MIME que nous pouvons envoyer par e-mail plusieurs fichiers, mais aussi une version texte et une version html de nos messages.

    Techniquement, l’e-mail tel qu’on le connaît aujourd’hui existe donc depuis le début des années 1980. Il y a bien sûr eu d’autres évolutions techniques, mais ce sont surtout les usages qui ont changés. Et surtout la masse incroyable d’emails qui sont échangés chaque jours.

    Plus d’infos sur Wikipédia :

    En vrac, l’e-mail marketing cette semaine

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    Bisnode se renforce dans l’online direct marketing en France avec le rachat de Directinet

    Le groupe suédois Bisnode a annoncé avoir racheté la société Directinet. Bisnode est un groupe européen (18 pays) actif dans le marketing direct, l’analyse du risque et les informations produit.

    En France, Bisnode est principalement représenté par WDM France, l’un des leader du marketing direct et de l’hébergement de bases de données marketing.

    De son côté, Directinet est l’un des leader du direct e-mail marketing en France. Via Netcollections, il possède d’ailleurs Butineo.fr, qui est actif dans le permission based e-mail marketing.

    Ensemble, WDM et Directinet forment donc une structure extrêmement polyvalente en matière de marketing direct online et offline.

    Liens :

    Ils en parlent :

    Benediction_des_epoux_lors_d'un_mariage

    En vrac, l’e-mail marketing cette semaine

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    E-mail Marketing : Où suivre l’actualité et comment se documenter ?

    Il existe un très grand nombre de sites et de blogs qui suivent l’actualité du monde de l’e-mail marketing. Dans mon agrégateur RSS, j’en compte déjà 54 différents. Voici les indispensables :

    • Email Marketing Reports : A tout seigneur tout honneur, s’il ne devait y en avoir qu’un, Email Marketing Reports serait celui là. Les articles de Mark Brownlow sont de vraies mines d’or à lire très attentivement. Toujours très fouillé avec de nombreuses références.
    • Email Insider : Ecrit collectivement, ce blog répond à un très grand nombre de questions. Vu la diversité des auteurs, le contenu est lui aussi très diversifié. Cela permet d’avoir un aperçu très large des différents sujets qui concernent l’e-mail marketing.
    • ReturnPath : ReturnPath est un spécialiste de la deliverability, de la réputation et de la certification. La société possède un blog sur lequel ses spécialistes écrivent régulièrement. Il est évidemment question de deliverability, de réputation et de certification mais d’autres sujets sont aussi abordés.
    • MailChimp : Le routeur américain possède lui aussi un blog, celui-ci parle souvent de ses propres services, mais donne aussi très régulièrement des conseils généralistes sur le monde de l’e-mail marketing.
    • Email Yogi : Il s’agit ici aussi d’un blog collectif écrit par 7 contributeurs différents. Les différents sujets de l’e-mail marketing y sont aussi abordés de manière très détaillées.
    • Et de nombreux autres !

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